Arequipa et le cañon de Colca

2300 m d´altitude et 300 jours d´ensoleillement par an, cela change du Torres del Paine en Patagonie! Arequipa est LA (deuxième) ville du Pérou. Son centre historique est classé au Patrimoine Mondial de l’UNESCO. Et pour cause, la « ville blanche » vaut le détour. Nous l’avons fait.

Marquée par la religion, Arequipa regorge de couvents, monastères et autres églises. Le plus célèbre est le Couvent Santa Catalina (entrée: S/ 30 pour les étrangers, S/3 pour les étudiants péruviens, visite au son de la lettre à Elise et autres morceaux classiques, ce qui est très agréable).

Fondé en 1579 par une riche veuve, ce couvent est une véritable ville dans la ville: lavoir, cimetière, places et cloîtres se visitent au détour des allées aux murs peints en bleu ou orange vif.

Les cours sont ornées de peintures religieuses racontant les litanies et les différentes phases de l´âme  en état de pêché  jusqu´à l’état de grâce. En prenant un peu de hauteur nous avons une vue sur toute la ville et le volcan Misti, un des 3 volcans entourant la ville et culminant à 5825 m d´altitude.

Vue sur le volcan Misti

Vierge à l'enfant - Ecole de Cusco

On termine la visite avec une exposition de peintures religieuses de l´Ecole de Cusco (XVIe et XVIIe siècles).

Les religieuses, issues de grandes familles d´origine espagnole, pouvaient avoir jusqu´à quatre servantes ou esclaves, organiser des réceptions et vivre dans un certain luxe. Ainsi la plupart des cellules comportent une cuisine particulière (en sus de la cuisine et du réfectoire communs) et une chambre pour la servante! Devant tant de firvolité et de luxe, le Pape décide en 1870 de supprimer ces libertés: les nonnes devaient faire voeu de silence (pas pratique pour donner ses ordres aux servantes!). Pendant 300 ans il y a donc eu 450 nonnes et servantes vivant dans cette ville close; aujourd´hui elles ne sont plus que 30, et ont le droit de sortir et de parler depuis la visite de Jean-Paul II en 1985.

Après cette étape religieuse, nous repartons vers la nature et nous rendons au Cañon de Colca, à 180 kms d’Arequipa. C´est le deuxième canyon le plus profond du monde après celui de Cotahuasi (Pérou aussi). Contrairement au Grand Canyon du Colorado (USA), il est habité.

Après 4 heures de marche en descente, nous arrivons en creux du cañon. Devant le peu d´indications pour nous montrer la route, nous demandons notre chemin à un petit vieux (littérallement). Comme je n´entends pas sa réponse je demande à Marion de me la répéter, ce à quoi elle réplique « s´il avait des dents je comprendrais ». Nous arrivons cependant dans le village de Cosñirihua où nous dormirons car la fête de la Chandeleur bat son plein dans le village voisin de Malata (20 minutes de marche plus loin). Et nous nous retrouvons à partager une chambre avec des Français, dont Emeline, une camarade de la Catolica!

Malgré la fatigue et mon mal au genou nous participons à la fête et dansons avec des villageois, très accueillants. L´occasion pour Manon, Marion et Guillaume de goûter à l´Arequipeña, la bière locale, aux brochettes d´alpaga et aux picarones. Après nous être bien dépensés (doux euphémisme), un repas délicieux (un de mes meilleurs repas au Pérou) nous réchauffe. Un mate de coca et au lit, pour Marion et moi dans une chambre sans porte ni fenêtre (il n´y a que les trous) éclairée à la bougie.

Pour la remontée des 1000 m descendus la veille, Marion et moi sacrifions 50 soles pour remonter en un seul morceau (et surtout pour ne pas rater le bus) à dos de mulets.

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