Les jeux du cirque

Le monde entier s’anime autour de l’événement sportif le plus attendu depuis… les JO de Vancouver en Février ! La Copa del Mundo de Futbol a commencé le 11 juin dernier. En Argentine l’activité de tout le pays s’arrête quand l’équipe nationale joue un match. A la PUCP des télévisions ont été installées dans toutes les cafétérias pour que l’on puisse regarder les matchs. Autant dire qu’à 13h toutes les places sont prises (le match du soir en Afrique du Sud est diffusé à 13h30 au Pérou) et qu’il faut se battre pour acheter son empanada au poulet !

L'équipe de France fait les choux gras péruviens

Qué pasa con Francia?

Il semble que tout le monde ait oublié (ou fait semblant) que l’équipe de France n’allait pas faire long feu (depuis 3 ans qu’on le répète… il fallait bien s’en douter !). Mais si l’élimination était prévisible, le scandale autour était plutôt inattendu. Le scandale est tel que l’information fait la une du Comercio du 21 juin à Lima !

A l’université, étudiants comme professeurs ont troqué l’habituel « Hola que tal? » [Salut! Ca va?] pour un « Qué pasa con Francia?? » [Que se passe-t-il avec la France?]. Quel cirque !

Et l’on répète une explication farfelue pour sauver la face. Le Pérou très francophile et fan de football est sincèrement surpris par ce retournement de situation.

Fi! Cela ne nous empêchera pas de danser au rythme du Waka Waka de Shakira (version espagnole s’il vous plaît!).

Copa America

Au Pérou, pays où le football est le sport favori, l’espoir est grand pour les supporters: la prochaine Coupe aura lieu à Rio au Brésil. Or le pays organisateur est qualifié d’office, ce qui « ouvre une place » pour une autre équipe sud-américaine. Malgré son faible niveau, l’équipe du Pérou pourrait bel et bien être qualifiée pour 2014 !

Or cette Coupe du Monde s’apparente presque à une Copa America car toutes les équipes sud-américaines étaient qualifiées pour les huitièmes: Argentine, Uruguay, Chili, Brésil, Mexique et même le Paraguay !

Vis-à-vis des Chiliens, les Péruviens sont plutôt fairplay: ils reconnaissent les qualités de l’équipe, très unie. Pour autant ils préfèrent supporter l’Argentine. En outre on observe une certaine union de l’Amérique hispanophone contre le Brésil (lusophone).

Décidément il fallait être en Amérique Latine pour la Coupe du Monde 2010 !

Et pendant ce temps-là…

A Delhi, à 100 jours du début des Jeux du Commonwealth 2010, on se prépare de plus en plus activement. Les installations semblent loin d’être prêtes mais l’espoir fait avancer comme l’explique l’Hindustan dans son article du 25 juin.

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Le Taj Mahal

Le Taj Mahal, c’est toute une légende. La légende d’un Maharadja tellement amoureux de sa femme (il en fallait bien un) qu’il lui fit construire un mausolée après sa mort, survenue bien tôt. Le Taj Mahal incarne l’idéal des contes et légendes indiennes telles qu’on les imagine en Europe. Pour son romantisme, sa figuration parmi les 7 nouvelles Merveilles du Monde ou du moins au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, c’est le site touristique le plus visité en Inde. De nombreux touristes Indiens côtoient les Américains et Européens.

Vue d'ensemble du Taj Mahal

Vue latérale du mausolée

De chaque côté du mausolée on trouve une mosquée

En effet, ce mausolée est impressionnant… En particulier pour la finesse des sculptures dans le marbre brut:

Inscriptions en arabe

Mais son petit frère, le Baby Taj, vaut aussi le détour, bien qu’il soit délaissé par les touristes:

Baby Taj

Tourelle du Baby Taj

Le Taj Mahal c’est aussi cet hôtel de luxe de Mumbai qui a été la cible des attentats sanglants du 26 Novembre 2008. Un an plus tard, les 3 restaurants du rez-de-chaussée viennent à peine de rouvrir et les travaux de réfection ne sont pas terminés. Pour la petite histoire, c’est encore le magnat indien, Tata, qui l’a fait construire en 1903 après s’être vu refusé l’entrée dans un autre hôtel de luxe de Bombay (à l’époque) en raison de sa couleur de peau…

Le Taj Mahal et sa tour face à la Gateway of India

Tournage devant le Taj Mahal Hotel

Enfin « Taj Mahal » est aussi le nom de quelques milliers d’hôtels et autres guesthouses à travers l’Inde. Le luxe n’y est pas toujours au rendez-vous comme chez leur homologue homonyme.

Infos pratiques

Taj Mahal – Agra: 10 Rs. pour les Indiens, 750 Rs. pour les étrangers (soit environ 11€). C’est le prix d’accès à un site touristique indien le plus élevé pour les touristes, mais pour comparaison, l’accès à la Tour Eiffel coûtait 9€ en 2008 et pour le Machu Pichu il fallait payer 31€ (pour l’accès simple au site).

Baby Taj – Agra: accès gratuit

Taj Mahal Palace & Tower – Mumbai: hors budget étudiant (MAIS accès gratuit aux toilettes de luxe et à la librairie source-de-cadeau-de-Noël-de-dernière-minute)

La femme (2). De la cuisine au Parlement

Le 8 mars dernier, date de la Journée Internationale de la Femme, les députés de la Chambre haute indienne débattaient de l’instauration d’un quota de femmes au Parlement. La plus « grande » démocratie du monde fait un nouveau[1] pas en avant vers la parité et l’émancipation des femmes en l’adoptant le lendemain.

Le Times of India et Courrier International détaillent:

En gestation depuis quatorze ans, le texte a été approuvé par un large consensus [186 voix pour, 1 contre] entre le Parti du Congrès, le BJP (parti nationaliste) et les partis de gauche. Il doit maintenant être soumis à la Chambre basse .

La loi prévoit d’octroyer aux femmes un tiers des sièges au Lok Sabha [Chambre basse], les faisant passer de 59 actuellement à 181, sur un total de 545. Elle propose également d’augmenter la représentation des femmes à la Chambre haute du Parlement et dans les assemblées législatives régionales.

Certaines formations politiques socialistes déplorent un texte favorisant les castes supérieures. C’est d’ailleurs une critique récurrente des féministes, certaines reconnaissant que l’on ne pourra combattre les discriminations envers les femmes que grâce à d’autres évolutions sociales concernant castes et classes. C’est donc un travail d’une ampleur beaucoup plus considérable dans une société de castes fragmentées et cloisonnées.

Une avancée dans un pays où la « condition » de la femme est déplorable. Le Monde montre à quel point cette formule est un euphémisme:

D’après le rapport 2009 du Forum économique mondial, l’Inde ne figure qu’au 114erang du classement de l’égalité entre sexes. Les femmes n’occupent que 23 % des postes d’employés dans les grandes entreprises. Dans les familles pauvres aussi bien qu’aisées, les filles sont victimes d’avortements sélectifs, pour éviter le paiement d’une dot lors de leur mariage.

>> Plus de détails en lisant la brève de Courrier International et l’article du Monde. L’interview de Shobhaa De, chroniqueuse au Bombay Times et à l’Asian Age par Naïké Desquesnes.

>> Un autre article portant sur un Panchayat 100% féminisé dans l’Haryana (nord de l’Inde), ici.

>> A lire également, le témoignage de Phoolan Devi dans Moi, Phoolan Devi, reine des Bandits.


[1] Depuis 2007, c’est une femme, Pratibha Patil, qui est Présidente de l’Inde

Faites vos courses!

Tiendas ou échoppes, centres commerciaux de style soviétique ou ultra moderne, marchés ou à même le sol, voilà autant de lieux où vous trouverez tout ce que vous cherchez, et plus encore! Tout? Oui, du ressort pour votre combi au N°5 de Chanel en passant par les épices, fruits et légumes aux mille couleurs et odeurs et les autocollants Hannah Montana.

En Bolivie, il n’est pas une seule ville où nous ayons mis les pieds sans aller au Mercado Central. Comme au Pérou, on y fait ses courses, on y petit-déjeune, déjeune, goûte et dîne. En Inde, les marchés sont moins bien ordonnés qu’en Bolivie ou au Pérou et il y a peu de marchés « en dur ». Ici, on trouve plutôt des dizaines d’échoppes alignées. Les légumes se vendent souvent parterre, de même que dans les Andes. Tant au Pérou qu’en Inde ou en Bolivie, on peut se demander comment fonctionne la concurrence… en effet, tout le monde vend la même chose au même endroit. Ainsi on trouve la rue des pièces mécaniques pour les voitures dans Old Delhi, le centre commercial-temple de la contrefaçon où s’alignent par dizaines les vendeurs de DVD et de CD à Polvos Azules dans le Centre de Lima, Nehru Place à Delhi vous offre tout le matériel informatique dont vous pouvez rêver…

Globalement, les marchands de rue vendent des « merdouilles » pour la maison et des cochonneries à manger. Mais se promener dans les rues commerçantes et les marchés est un véritable festival pour les sens: odeurs, bruits et images détonnantes!

La rue des mécanos à Delhi:

Ailleurs en Inde:

Magasin de malles à Udaipur

Les marchés boliviens:

Marché de Punata

Marché de Sucre

Pauline et Thomas goûtant à l'Api et aux Buñuelos à Potosi

Les marchés au Pérou:

Chapeliers dans le Mercado Central d'Arequipa

L’auto-rickshaw, ou comment se croire dans GTA-ViceDelhi

Les cheveux aux vents, les voitures qui vous frôlent, mieux encore que les fameuses motos Enfield et leur doux vrombissement, la sensation de frôler le bitume… les villes (et campagnes indiennes) ne manquent pas d’attraits…A condition de pouvoir y circuler… Et en auto-ricksaw de préférence…

Rickshaws en file indienne

L’auto-rickshaw est un petit véhicule motorisé fabriqué par Bajaj pour 2 à 4 personnes, souvent peint en jaune et vert. En espagnol on parle de « moto-taxi » et on en trouve au Pérou, mais rien à voir avec la nuée qu’ils sont en Inde. Une course coûte environ 10 roupies au kilomètre (soit 16 centimes d’euros), mais les prix varient selon les villes et les chauffeurs.Un compteur existe et est allumé, mais 90% des courses se négocient avant de monter; dommage pour nos visages pâles. Cependant, Alexandre a acquis un véritable talent dans la négociation du prix à coup de « Come on Bhaya, Sarvaprya Vihar, ITT Gate ke pass, only twenty ruppies » et « What? No, no, no, thirty [teurti]’s good price ».

Le compteur, un élément décoratif au même titre que des images de Shiva et Ganesh

Dans les petites villes – c’est-à-dire celles qui ne comptent pas plus de 2 millions d’habitants – il y a plus souvent des cyclo-rickshaws, qui sont tirés par un homme sur sa bicyclette. Et enfin à Kolkata (Calcutta)  il y a encore quelques milliers de pousse-pousse « pédestres » mais la municipalité ne délivre plus de licences (même si le nombre de rickshaw-wallah travaillant au noir est encore extrêmement élevé). Dans Old Delhi, la population et la circulation sont si denses que marcher nous fait aller plus vite! Cela n’en demeure pas moins le meilleur moyen de ne pas s’enfoncer dans la boue pendant la mousson. Et il faut avouer que l’enchevêtrement des ruelles est tel que l’on ne peut pas se passer de ces conducteurs qui connaissent chaque ruelle de leur quartier (et uniquement de leur quartier, le reste de leur connaissance en géographie delhite étant très partielle).

L'équipement de choc pour le rickshaw: lunettes et foulard-voile pour éviter la poussière

A Mumbai (Bombay) les auto-ricksaws ont été interdits dans le centre-ville pour réduire la nuisance sonore et la pollution. Mais aussi pour donner une image plus « chic » à la vitrine de la tant promue, mais peu trouvée, « Shining India« . Ainsi, on ne trouve dans le centre touristique de la capitale économique du pays que des taxis Ambassador jaune et noir.

Les ambassadors dans Mumbai

Mais derrière l’aspect authentique, la vie des rickshaws-wallahs n’est pas toute rose.

Souvent originaires de l’Uttar Pradesh ou du Bihar (des états particulièrement pauvres d’Inde),  ils dorment dans leur véhicule à défaut de trouver un véritable toit. Ils ne sont d’ailleurs que rarement  propriétaires de leur engins fous furieux, mais ne sont pas employés non plus. Ils paient leur licence quotidienne à celui que nous appellons « chef-rickshaw » à défaut de connaître son véritable titre, qui est possède en général une petite dizaine de rickshaws qu’il loue aux chauffeurs. Cette licence s’élève, d’après certains chauffeurs à prêt de 500 roupies par jour (une somme très conséquente, voire supérieure à ce qu’ils peuvent gagner en un jour de travail). Mais les compagnies de rickshaw permettent à leurs chauffeurs d’avoir accès à certaines facilities, comme une paillasse pour dormir ou l’accès à un tuyau d’eau. Pour les autres, ça sera la nuit dans la rue. Parfois, les stands où ils peuvent attendre sont plus « développés » et disposent également d’un dabha (resto de rue) de fortune…

A Jaipur, haut lieu touristique indien, les rickshaw-wallahs parlent tous anglais et souvent le français (enfin quelques mots…). C’est donc pour eux beaucoup plus facile de demander des prix 3 ou 4 fois plus élevés que la normale aux touristes fraîchement débarqués et qui trouvent qu’une course à 1$ n’est pas trop cher payée (vrai), même si elle n’en vaut que le tiers en Inde. Une fois, l’un d’entre eux m’a même présenté une carte orange à son nom, prouvant un de ses multiples passages à Paris. Devant mon air surpris (et ce n’est pas peu dire, un simple voyage touristique en Inde, en train, étant probablement, pour un rickshaw-wallah une chose extrêmement rare, alors un voyage en Europe…) il m’a expliqué qu’étant membre d’un coeur de musique traditionnelle rajathanaise il venait 6 mois par an à Paris, et que conduire un rickshaw était pour lui un « part-time job très fun »…

Un cyclo-rickshaw

Les cyclos-rickshaw (et bien sûr les « puller » de pousse-pousse de Kolkata) sont placés en bas de l’échelle du rickshaw-wallah. Qu’est-ce qui pousse un homme à devenir chauffeur de rickshaw ? L’accroissement de la population, la perte de terres due à la montée des eaux (pour le Bangladesh), le manque de débouchés dans le monde rural, l’illettrisme, tout ceci conduit vers cette profession de rickshaw-walllah et surtout « à la ville ».

Les 7 âges de Delhi

Cela fait 7 mois que je vis dans la ville de Delhi. Mais est-ce bien une ville ? Le nom même de l’ensemble urbain peut mener à confusion. Delhi ou New Delhi?

D’un point de vue administratif d’abord, ce que l’on appelle Delhi est en fait le National Capital Territory of Delhi. Ce n’est donc ni un Etat à l’instar de son voisin l’Uttar Pradesh ni vraiment un État de l’Union, comme Chandigarh. Cette entité politique regroupe en son sein 3 municipalités : New Delhi, Delhi et Delhi Cantonnement. Cependant l’espace urbain de Dehli ne s’arrête pas là. Il est notamment composé de villes-banlieues, en particluier Gurgaon, Noida et Farridabad. La première est la plus developpée et correspond au nouveau CBD de la capitale. Sièges sociaux des grands groupes, immeubles modernes et zones commerciales caractérisent cette ville, située dans l’Etat de l’Haryana, d’un point de vue administratif. La seconde, située dans l’Uttar Pradesh, est légèrement moins huppée. Quant à la troisième elle n’est aujourd’hui qu’un « espace nouvellement urbanisé » (ou plutôt en cours d’urbanisation), assez moche pour tout dire, où le long de la National 1, se suuccèdent malls dernière génération (mais tous plus vides les uns que les autres), anciens villages et logements de fortune. Découpages administratifs et politiques se chevauchent et compliquent l´organisation de Delhi. Mais Delhi en tant que telle n’est pas non plus homogène.

Il faut remonter dans le temps pour bien saisir ce qui fait la specificité de Delhi, car finalement, ses richesses, comme ses défauts, sa magnificence comme sa démesure ne peuvent se comprendre qu’à travers l’histoire de cette capitale.

Ce ne sont pas moins de 7 villes qui se sont succédées le long de la Yamuna et toutes ont laissé leur empreinte. Par exemple, Shahjahanabad est connue aujourd’hui sous le nom de Old Delhi où s’enchevètrent mosquées, forts, dédales et deux institutions : Chandni Chowk, ce bazar où vous trouver EXACTEMENT tout ce que vous chercher, du rasoir au reflex dernier cri (ou presque) et Karim’s qui, bordant la Jamia Majsid, la plus grande mosquée d’Inde, est  le meilleur restaurant de Delhi, à prix imbattables, où le repas est une aventure (gastronomique) en soi.

Une rue d'Old Delhi et sa marée humaine

Les échoppes où l'on vend tout et n'importe quoi

La Jamia Masjid

Delhi est donc une ville parsemée de monuments et de ruines, et ce du nord au sud, de Old Delhi, à mon quartier qui est l’extrême nord de l’impressionnant complexe du Qtub Minar (patrimoine mondial de l’UNESCO).

Q'tub Minar pris dans le brouillard hivernal

Delhi n’est devenue la capitale de l’empire britannique qu’en 1911 avec l’inauguration officielle de New Delhi. Premières conséquences pour l’agglomération : toute une frange de la ville, d’Ouest en Est, est occupée par une succession grandiose de grandes avenues, de batiments officiels (plus ou moins décrépis) et de quartiers où se trouvent les centres culturels et les ambassades. Plus au nord, après Connaught Place, on trouve Old Delhi et North Delhi, plus populaire (doux euphémisme) et au sud une succession de quartiers plus ou moins aisés. En réalité ce sont plus ou  moins des successions de zones urbaines où les quartiers riches de la « classe moyenne indienne » (ici je sous entend la bourgeoisie, la notion de classe moyenne en Inde est encore plus confuse que chez nous), qui sont entourés par les logements (qui vont d’appartements hors d’âge à de véritables taudis) qui servent aux « serviteurs divers« . Ainsi Delhi n’a pas une logique ubaine facile d’approche. Elle ne ressemble ni réellement à une ville «classique » avec un centre ville et des périphéries, ni à une ville nouvelle du type Brasilia (Brésil) ou sa voisine Chandigardh. On y aurait bien du mal à appliquer le célèbre schéma de Burgess, aux cercles concentriques, représentant les villes américaines, récentes, dans leur organisation spatiale.

Deuxième évolution de l’époque contemporaine: la partition. En plus d’être un véritable tremblement de terre pour la toute jeune nation indienne, la partition – en particulier celle du Penjab – a eu des conséquences sociales importantes sur New Delhi. Ce sont en effet plusieurs millions d’habitants qui ont migré vers la jeune capitale indienne et qui ont mis à l’épreuve ses infrastructures.

Aujourd’hui encore l’immigration urbaine est un phénomène majeur et entraîne des changements importants de long terme pour la cité des Djinns. Aujourd’hui Delhi est la seconde ville en terme de croissance urbaine au monde (après Dakha, au Bangladesh). Chaque année ce sont près de 500 000 nouvelles personnes qui gonflent la population de Delhi, la moitié est le fruit de la croissance naturelle, l’autre des migrations. Aujourd´hui l’aire urbaine de Delhi compte près de 22 millions d’habitants et elle n’a pas fini de croître.

Delhi à perte de vue

Un article sur l’Inde urbaine: http://www.georouen.org/spip.php?article129

Exemple architectural : un tombeau

La femme (1): « Aborto yo! »


Aborto yo!

Tag sur un mur dans le centre: "Moi j'avorte!"

Quand j’ai vu ce tag dans le Centre de Lima il y a quelques semaines, j’ai été surprise. Une réaction logique et immédiate au Pérou aurait été d’effacer ces mots « Moi,  j’avorte! ».

Et en effet, il y a quelques jours dans San Isidro, quartier résidentiel huppé, et dans un combi, j’ai vu des autocollants montrant un bébé qui dit « No me hagas daño, dile no al aborto » [« Ne me fais pas de mal, dis non à l’avortement »].

Comme vous le voyez, l’avortement est un sujet sensible (peu de polémiques en réalité sur le sujet, par crainte) et son éventuelle légalisation divise les Péruviens. Attention! Il ne s’agit pas de légaliser l’avortement en soi, mais de dépénaliser l’avortement pour les femmes ou les jeunes filles enceintes à la suite d’un viol ou d’un inceste.

Pourtant l’enjeu est beaucoup plus large, comme ces quelques chiffres – édifiants – le montrent:

– chaque année, plus de 40 000 avortements illégaux concernent des adolescentes, les plus riches peuvent aller à Miami, les autres le font dans des conditions pires que les françaises-ante-1974.

– les adolescentes péruviennes présentent un taux de grossesse d’environ 13%: cela s’explique par l’absence de sensibilisation sur les risques liés à la sexualité, le regard pesant sur les jeunes filles utilisant la pilule, et la récente légalisation de la pilule du lendemain (2008)

– les abus sexuels sont à l’origine de 6 grossesses non désirées sur 10

Plusieurs facteurs explicatifs à l’interdiction de l’avortement et à sa difficile légalisation:

– Au niveau légal, la Constitution reconnaît qu’un être est une personne à partir de la nidation.

– La religion catholique (80% de la population est catholique, même si seulement 15% sont pratiquants) prohibe elle aussi l’avortement, apparenté à l’assassinat d’un être humain. Non les féministes n’existaient pas à l’époque de J.C.

– Dans ce pays machiste au possible, les droits de la femme ne sont pas prioritaires et donc c’est plus important de sauver un bébé, même issu d’un viol, que de soigner la victime de l’agression.

Le 22 octobre dernier, la commission chargée de revoir le Code pénal a voté en faveur de l’adoption d’un projet de loi sur l’avortement. Ainsi ce projet de loi est en bonne voie d’être voté. Mais rien n’est fait: l’avortement restera conditionnel, onéreux et surtout très mal vu au Pérou. Un petit pas en avant (toutefois pas encore accepté) qui ne réglera pas la question aussi rapidement.

En Inde, a contrario, l’avortement est légal. Dommage pour les catholiques qui se disent plus progressistes que les musulmans (12% de la population en Inde)!

Pour autant, les avortements visent surtout à sélectionner le sexe du bébé. En effet, l’Inde étant aussi machiste que le Pérou, mieux vaut avoir un garçon qu’une fille d’un point de vue position sociale. Mais contrairement au cas chinois, aucune mesure directe n’a été prise pour limiter cette tendance lourde; il y a donc actuellement un déficit de 10 millions de femmes en Inde.

Pour plus d’infos sur le cas du Pérou: http://altermondes.org/spip.php?article65