C’est la fin !

Nos échanges universitaires terminés, Alexandre a quitté Delhi, Jennifer a quitté Lima.

Merci à tous d’avoir suivi avec attentions nos récits et nos aventures à travers ces quelques 70 articles.

Nous restons à la disposition des futurs voyageurs pour échanger sur le Pérou et l’Inde et les pays voisins que nous avons visités !

A bientôt pour de nouvelles aventures,

Jennifer & Alexandre

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Les jeux du cirque

Le monde entier s’anime autour de l’événement sportif le plus attendu depuis… les JO de Vancouver en Février ! La Copa del Mundo de Futbol a commencé le 11 juin dernier. En Argentine l’activité de tout le pays s’arrête quand l’équipe nationale joue un match. A la PUCP des télévisions ont été installées dans toutes les cafétérias pour que l’on puisse regarder les matchs. Autant dire qu’à 13h toutes les places sont prises (le match du soir en Afrique du Sud est diffusé à 13h30 au Pérou) et qu’il faut se battre pour acheter son empanada au poulet !

L'équipe de France fait les choux gras péruviens

Qué pasa con Francia?

Il semble que tout le monde ait oublié (ou fait semblant) que l’équipe de France n’allait pas faire long feu (depuis 3 ans qu’on le répète… il fallait bien s’en douter !). Mais si l’élimination était prévisible, le scandale autour était plutôt inattendu. Le scandale est tel que l’information fait la une du Comercio du 21 juin à Lima !

A l’université, étudiants comme professeurs ont troqué l’habituel « Hola que tal? » [Salut! Ca va?] pour un « Qué pasa con Francia?? » [Que se passe-t-il avec la France?]. Quel cirque !

Et l’on répète une explication farfelue pour sauver la face. Le Pérou très francophile et fan de football est sincèrement surpris par ce retournement de situation.

Fi! Cela ne nous empêchera pas de danser au rythme du Waka Waka de Shakira (version espagnole s’il vous plaît!).

Copa America

Au Pérou, pays où le football est le sport favori, l’espoir est grand pour les supporters: la prochaine Coupe aura lieu à Rio au Brésil. Or le pays organisateur est qualifié d’office, ce qui « ouvre une place » pour une autre équipe sud-américaine. Malgré son faible niveau, l’équipe du Pérou pourrait bel et bien être qualifiée pour 2014 !

Or cette Coupe du Monde s’apparente presque à une Copa America car toutes les équipes sud-américaines étaient qualifiées pour les huitièmes: Argentine, Uruguay, Chili, Brésil, Mexique et même le Paraguay !

Vis-à-vis des Chiliens, les Péruviens sont plutôt fairplay: ils reconnaissent les qualités de l’équipe, très unie. Pour autant ils préfèrent supporter l’Argentine. En outre on observe une certaine union de l’Amérique hispanophone contre le Brésil (lusophone).

Décidément il fallait être en Amérique Latine pour la Coupe du Monde 2010 !

Et pendant ce temps-là…

A Delhi, à 100 jours du début des Jeux du Commonwealth 2010, on se prépare de plus en plus activement. Les installations semblent loin d’être prêtes mais l’espoir fait avancer comme l’explique l’Hindustan dans son article du 25 juin.

Vive l’Indépendance!

« Amérique Libre, vive l’Indépendance! » titre Neo, le supplément axé sur l’informatique de Punto Edu. (journal de la PUCP). En effet, les célébrations des bicentenaires des premières indépendances latino-américaines commencent cette année. Pour célébrer l’événement, la PUCP a chargé 3 étudiants de créer une application sur Facebook!

Après avoir créé votre « avatar », vous devez libérer le Mexique, la Colombie, le Vénézuéla, l’Équateur, le Pérou, le Chili, la Bolivie, le Paraguay, l’Uruguay et l’Argentine en répondant à une série de questions sur chaque pays. Une fois votre mission accomplie vous en saurez plus sur chacun de ses Etats et vous obtiendrez le titre de « Libertador » [Libérateur], titre honorifique de Simon Bolivar, figure emblématique avec José Sucre de ce processus d’indépendance dans les premières décennies du 19e siècle. Aux armes!

Cajamarca

Nous nous échappons de nouveau de Lima qui a retrouvé son ciel brumeux d’automne-hiver en direction du nord. Cajamarca est la capitale des produits laitiers du Pérou: fromages, yahourt, beurre et manjar blanco (sorte de confiture de lait, équivalent péruvien du beurre de cacahuète étatsunien et de notre Nutella) se vendent à chaque coin de rue. Les produits du marché sont d’une qualité remarquable: chocolat, légumes, fruits, poisson frais (à 2 720 m d’altitude!)…

Cajamarca: Cerro Santa Apolonia et Plaza de Armas

Iglesia San Francisco – Plaza de Armas

Catedral – Plaza de Armas

Cajamarquinas

Quartier de Belén

La Collpa

Baños del Inca – Station thermale où se baignaient déjà les Incas

Cumbe Mayo

Élections étudiantes à la Católica

La semaine passée ont eu lieu les élections étudiantes à l’université: les étudiants choisissaient leurs représentants pour l’Assemblée Universitaire (REA) et pour les Conseils de Facultés. Cette année une soixantaine de candidats s’affrontaient pour obtenir un des 26 sièges à pourvoir pour la REA, et malheureusement, il y avait moins de candidats pour les Conseils de Facultés que de sièges disponibles.

Les banderoles immenses pour tel ou tel candidat feraient pâlir d’envie les syndicats étudiants français. Pourtant, malgré des frais modiques en comparaison avec la France, les étudiants doivent débourser de leur propre porte-monnaie pour imprimer leurs affiches – peu nombreuses certes – et flyers. Mais les méthodes de campagne et le mode d’élection feraient s’hérisser les cheveux du président de l’UNEF!

Il existe bien des listes, mais ce sont plus des regroupements électoraux que de véritables « syndicats » comme on en a en France: chaque candidat est élu à titre personnel et nominatif. Mais l’alliance est nécessaire pour avoir un poids minimum dans l’Assemblée. On remarque tout de même quelques listes dont Fines (le « Front Intégrateur Etudiant » grosso modo de centre) et la Zurda (le nom vient du mot izquierda, « gauche » en espagnol). Le débat n’est donc pas particulièrement politisé, d’autant que la plupart des étudiants viennent du même milieu social, à quelques exceptions près. Le regroupement de gauche dont les membres sont surnommés « les rouges » n’existe guère que dans la faculté de Sciences Sociales.

Le Président du Comité Electoral Universitaire, César Fernández Arce, détaille quelques unes des principales revendications des étudiants de la Católica dans l’édition spéciale élections du journal de l’université Punto Edu.: « Les étudiants ont manifesté leur inquiétude vis-à-vis des services d’alimentation, de photocopie, d’infrastructures sportives, de bibliothèques ».

Les propositions des candidats reprennent ces thèmes, mais d’une manière générale je trouve qu’elles manquent de revendications concrètes. Voici quelques unes des revendications qui ont retenu mon intérêt:

  1. La demande de plus de transparence sur la gestion de l’université. En effet les comptes et les modes de décision demeurent souvent obscurs. Problématique, et en particulier dans une université privée on comprend que les étudiants et leurs parents veuillent savoir où vont les frais de scolarité qu’ils paient.
  2. La possibilité de payer les droits de scolarité de manière échelonnée (comme c’est le cas à Sciences Po) quelque soit la catégorie dans laquelle les étudiants se trouvent: actuellement seule la tranche qui paie les frais les plus élevées bénéficie de ce « privilège ».
  3. Amplifier le programme de bourses: eh oui la plupart des étudiants sont riches et privilégiés mais pas tous! En outre, les frais de scolarité sont très élevés même pour des étudiants français, alors avec un niveau de vie 4 fois plus faible au Pérou on imagine quelle concession les études de leurs enfants représentent pour les parents.
  4. L’amélioration de la qualité des repas des cafétérias avec l’inclusion d’aliments plus nutritifs dans les menus des cafétérias et une modification du plato basico (menu basique) des cafétérias: à 900 – 1300 calories le repas, à base de riz et de pommes de terre ce menu n’est pas très nutritionnel ni sain. Quelques légumes et du poisson seraient les bienvenus! C’est une des revendications majeures de cette année, en particulier depuis que la société Sodexo qui gère les deux cafétérias principales de l’université a été condamnée pour intoxication alimentaire durant les vacances d’été (en février 2010).

D’autres propositions sont plus fantaisistes et bien précises: la remise en fonctionnement des portes arrière de la bibliothèque pour en faciliter l’accès (pourquoi pas, mais ce n’est pas une demande capitale pour le destin de l’université); la mise en place d’un bus PUCP, sorte de bus scolaire qui a un trajet spécial pour les étudiants de la Católica: cela se fait à l’Université Espiritu Santo de Guayaquil (Équateur) mais les étudiants doivent payer ce servir en plus de leurs frais de scolarité et je ne pense pas vraiment que ce bus PUCP changerait quelque chose en terme de temps: le trafic de Lima est embouteillé, que l’on soit en combi (bus) ou en bus PUCP.

On trouve la liste des résultats sur le site de Punto Edu.

Merci à Mario (candidat n°10) et à Luciano pour leurs explications.

Agua para todos? [De l’eau pour tous?]

Je travaille actuellement sur le projet Agua Para Todos en cours d’Administration et Gestion Publique, pour évaluer la qualité des politiques mises en place dans les Conos de Lima. Cet article offre un bon résumé de la situation à Lima.

Six millions des 28 millions de Péruviens n’ont pas accès à l’eau potable. Ils sont approvisionnés par des camions citernes et conservent l’eau dans des réservoirs pour les besoins du ménage. « Le pire est que les gens des quartiers pauvres de Lima payent l’eau beaucoup plus cher que les habitants des zones riches », s’insurge Abel Cruz, qui préside depuis 2005 le Mouvement des « sans-eau », une association qui se bat pour les Péruviens privés d’accès à l’eau potable. En effet, alors que dans les quartiers huppés de la capitale raccordés aux réseaux de distribution, un mètre cube d’eau coûte 1,60 sol (0,40 euro), cette même quantité d’eau revient à 10 soles (2,5 euros), quand il faut s’en procurer par les camions-citernes.
« Les pauvres payent six fois plus cher pour une eau dont ils ne sont même pas sûrs de la qualité », s’énerve Abel Cruz, qui assure que les propriétaires de certains camions prélèvent l’eau de nappes polluées du sous-sol, au lieu se s’approvisionner auprès de Sedapal, l’entreprise publique chargée de traiter les eaux de Lima, comme la loi leur en fait obligation.
 Cela fait trois ans que l’Etat subventionne les travaux de Sedapal et d’autres entreprises, dans le cadre de son programme « De l’eau pour tous » (« Agua para todos »). L’objectif est que, en 2011, 4,4 millions de personnes puissent avoir accès à l’eau potable. En trois ans, deux millions de Péruviens ont déjà été connectés au réseau, dont 128 000 familles à Lima.

Le Monde, 21 août 2009

Bollywood Stars (2)

Le casting

Très souvent, les touristes qui déambulent sur Colaba Causeway, la rue tourisitique de Mumbai, se font harceler par les vendeurs ambulants. On propose – aux hommes uniquement – du hashish (« hash…hash…hash » entendrez-vous murmurer à votre oreille), des bracelets, des montres, des flacons de Chanel n°5 (bien sûr) et des sous-vêtements Calvein Klaim. Mais on peut aussi vous offrir d’être figurant pour une journée dans un film de Bollywood!

C’est le propriétaire de notre hôtel qui nous a offert de passer notre dimanche sur un plateau… « On passe vous chercher le matin à 7h et vous serez payés 500 Rs. chacun » (soit 1000 Rs. la journée de vacances, peu en euros, mais beaucoup en pouvoir d’achat indien!). La proposition venant de l’hôtelier, nous avions plus confiance que si elle avait été faite dans la rue.

Le film

Nous figurerons dans un « film d’action »: No problem. Il est réalisé par Anees Bazmee et le rôle principal est interprété par Anil Kapoor, l’acteur qui jouait le présentateur de « Qui veut gagner des millions? » dans Slumdog Millionaire. Ca promet!

Acteurs en herbe pour superproduction

Le tournage

L’accueil n’est pas particulièrement agréable car on ne prend même pas la peine de nous expliquer quoi que ce soit sur le déroulement de la journée ni sur les scènes que nous devons jouer. Pas très pratique!! J’ai quand même eu le droit à un échange verbal avec la star du film, qui s’approchait d’une Anglaise et de moi pour nous demander si on parlait anglais (étranglement de l’Anglaise). Je lui ai donc répondu qu’il suffisait de nous expliquer ce qu’il fallait faire pour qu’on le fasse correctement. Malotru!

Maquillage de star et voiture "grrr"

Le rôle

Nous voilà donc jouant les office men & ladies, par 31° et un soleil de plomb, maquillés, brushés et habillés (en polyester et autres matières aussi agréables).

Le réalisateur (et producteur) Anees Bazmee s'active sur le plateau

La sortie

Le tournage étant toujours en cours, le film devrait sortir d’ici à la fin de l’année 2010. Peut-être qu’on nous verra un quart de seconde!