Élections étudiantes à la Católica

La semaine passée ont eu lieu les élections étudiantes à l’université: les étudiants choisissaient leurs représentants pour l’Assemblée Universitaire (REA) et pour les Conseils de Facultés. Cette année une soixantaine de candidats s’affrontaient pour obtenir un des 26 sièges à pourvoir pour la REA, et malheureusement, il y avait moins de candidats pour les Conseils de Facultés que de sièges disponibles.

Les banderoles immenses pour tel ou tel candidat feraient pâlir d’envie les syndicats étudiants français. Pourtant, malgré des frais modiques en comparaison avec la France, les étudiants doivent débourser de leur propre porte-monnaie pour imprimer leurs affiches – peu nombreuses certes – et flyers. Mais les méthodes de campagne et le mode d’élection feraient s’hérisser les cheveux du président de l’UNEF!

Il existe bien des listes, mais ce sont plus des regroupements électoraux que de véritables « syndicats » comme on en a en France: chaque candidat est élu à titre personnel et nominatif. Mais l’alliance est nécessaire pour avoir un poids minimum dans l’Assemblée. On remarque tout de même quelques listes dont Fines (le « Front Intégrateur Etudiant » grosso modo de centre) et la Zurda (le nom vient du mot izquierda, « gauche » en espagnol). Le débat n’est donc pas particulièrement politisé, d’autant que la plupart des étudiants viennent du même milieu social, à quelques exceptions près. Le regroupement de gauche dont les membres sont surnommés « les rouges » n’existe guère que dans la faculté de Sciences Sociales.

Le Président du Comité Electoral Universitaire, César Fernández Arce, détaille quelques unes des principales revendications des étudiants de la Católica dans l’édition spéciale élections du journal de l’université Punto Edu.: « Les étudiants ont manifesté leur inquiétude vis-à-vis des services d’alimentation, de photocopie, d’infrastructures sportives, de bibliothèques ».

Les propositions des candidats reprennent ces thèmes, mais d’une manière générale je trouve qu’elles manquent de revendications concrètes. Voici quelques unes des revendications qui ont retenu mon intérêt:

  1. La demande de plus de transparence sur la gestion de l’université. En effet les comptes et les modes de décision demeurent souvent obscurs. Problématique, et en particulier dans une université privée on comprend que les étudiants et leurs parents veuillent savoir où vont les frais de scolarité qu’ils paient.
  2. La possibilité de payer les droits de scolarité de manière échelonnée (comme c’est le cas à Sciences Po) quelque soit la catégorie dans laquelle les étudiants se trouvent: actuellement seule la tranche qui paie les frais les plus élevées bénéficie de ce « privilège ».
  3. Amplifier le programme de bourses: eh oui la plupart des étudiants sont riches et privilégiés mais pas tous! En outre, les frais de scolarité sont très élevés même pour des étudiants français, alors avec un niveau de vie 4 fois plus faible au Pérou on imagine quelle concession les études de leurs enfants représentent pour les parents.
  4. L’amélioration de la qualité des repas des cafétérias avec l’inclusion d’aliments plus nutritifs dans les menus des cafétérias et une modification du plato basico (menu basique) des cafétérias: à 900 – 1300 calories le repas, à base de riz et de pommes de terre ce menu n’est pas très nutritionnel ni sain. Quelques légumes et du poisson seraient les bienvenus! C’est une des revendications majeures de cette année, en particulier depuis que la société Sodexo qui gère les deux cafétérias principales de l’université a été condamnée pour intoxication alimentaire durant les vacances d’été (en février 2010).

D’autres propositions sont plus fantaisistes et bien précises: la remise en fonctionnement des portes arrière de la bibliothèque pour en faciliter l’accès (pourquoi pas, mais ce n’est pas une demande capitale pour le destin de l’université); la mise en place d’un bus PUCP, sorte de bus scolaire qui a un trajet spécial pour les étudiants de la Católica: cela se fait à l’Université Espiritu Santo de Guayaquil (Équateur) mais les étudiants doivent payer ce servir en plus de leurs frais de scolarité et je ne pense pas vraiment que ce bus PUCP changerait quelque chose en terme de temps: le trafic de Lima est embouteillé, que l’on soit en combi (bus) ou en bus PUCP.

On trouve la liste des résultats sur le site de Punto Edu.

Merci à Mario (candidat n°10) et à Luciano pour leurs explications.

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2 Réponses

  1. « mode d’élection feraient s’hérisser les cheveux du président de l’UNEF! »

    A Pipo je crois que le président de l’époque n’en avait pas vraiment besoin x)

  2. En ce qui concerne la gestion de la PUCP, je crois que c’est assez transparent, et je pense que les frais de scolarité proportionnels au revenus des familles aident à que beaucoup puissent faire un peu de triche, et protester. Une précision en ce qui concerne les repas: SODEXO a perdu son contrat (qui n’a pas été renouvelé) pour n’avoir pas satisfait aux exigences demandées. Une info: Sodexo a déja eu des problèmes en France pour intoxication alimentaire!! En ce qui concerne les autres revendications, j’ai personellement constaté que beaucoup ne respectent pas le réglement, tel que par exemple la ponctualité ou les échéances, mais exigent beaucoup en revanche: 2 exemples: La bibliothèque y les photocopies.

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