Bollywood Stars (2)

Le casting

Très souvent, les touristes qui déambulent sur Colaba Causeway, la rue tourisitique de Mumbai, se font harceler par les vendeurs ambulants. On propose – aux hommes uniquement – du hashish (« hash…hash…hash » entendrez-vous murmurer à votre oreille), des bracelets, des montres, des flacons de Chanel n°5 (bien sûr) et des sous-vêtements Calvein Klaim. Mais on peut aussi vous offrir d’être figurant pour une journée dans un film de Bollywood!

C’est le propriétaire de notre hôtel qui nous a offert de passer notre dimanche sur un plateau… « On passe vous chercher le matin à 7h et vous serez payés 500 Rs. chacun » (soit 1000 Rs. la journée de vacances, peu en euros, mais beaucoup en pouvoir d’achat indien!). La proposition venant de l’hôtelier, nous avions plus confiance que si elle avait été faite dans la rue.

Le film

Nous figurerons dans un « film d’action »: No problem. Il est réalisé par Anees Bazmee et le rôle principal est interprété par Anil Kapoor, l’acteur qui jouait le présentateur de « Qui veut gagner des millions? » dans Slumdog Millionaire. Ca promet!

Acteurs en herbe pour superproduction

Le tournage

L’accueil n’est pas particulièrement agréable car on ne prend même pas la peine de nous expliquer quoi que ce soit sur le déroulement de la journée ni sur les scènes que nous devons jouer. Pas très pratique!! J’ai quand même eu le droit à un échange verbal avec la star du film, qui s’approchait d’une Anglaise et de moi pour nous demander si on parlait anglais (étranglement de l’Anglaise). Je lui ai donc répondu qu’il suffisait de nous expliquer ce qu’il fallait faire pour qu’on le fasse correctement. Malotru!

Maquillage de star et voiture "grrr"

Le rôle

Nous voilà donc jouant les office men & ladies, par 31° et un soleil de plomb, maquillés, brushés et habillés (en polyester et autres matières aussi agréables).

Le réalisateur (et producteur) Anees Bazmee s'active sur le plateau

La sortie

Le tournage étant toujours en cours, le film devrait sortir d’ici à la fin de l’année 2010. Peut-être qu’on nous verra un quart de seconde!

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Bombay néo-gothique VS Mumbai maximum city

Mumbai est la capitale économique du pays et là qu’on trouve la plus grosse industrie du cinéma indien: Bollywood. Capitale des Indes britanniques, elle est marquée par un style architectural néo-gothique, caractéristique du Royaume-Uni. C’est donc dans une véritable Londres tropicale que nous débarquons le 19 décembre!

Gateway of India, monument en l'honneur du roi George V (1905)

Chhatrapati Shivaji Maharaj Vastu Sangrahalaya (Ex-Prince of Wales Museum)

Saris sur toiles du XIXe

Un balcon du Museum mêlant les styles architecturaux

Une tour de l'Université de Mumbai, inspirée du style néo-gothique

Bombay ou Mumbai?

L’histoire de la plus grande ville du pays commence par l’histoire de son nom. Ou plutôt ses noms qui ont varié au gré des langues et des époques. Le nom Mumbai provient de la contraction de Mumba, nom de la déesse hindoue Mumbadevi vénérée dans la région et de Aai, « mère » en Marathi, la langue régionale dominante. Quand ils arrivèrent en 1534, les Portugais nommèrent cette péninsule et la baie abritée qu’elle forme Bom Bahia. Avec l’arrivée des Britanniques, le nom a été anglicisé et est devenu Bombay. La ville changeait donc de nom selon les langues: Mumbai ou Mambai en Marathi et en Gujarati, Bambai en Hindi et en Ourdou. En 1995, le parti régionalise Shiv Sena, élu à la municipalité de la ville, décide de démarquer la ville de son passé colonial et remplace définitivement le nom de Bombay par celui de Mumbai.

Welcome to Mumbai!

Mumbai est la plus grande ville indienne avec ses 14 millions d’habitants, une population qui ne cesse de croître. Vous vous en êtes aperçus en regardant Slumdog Millionaire, dont les premières scènes se passent à Daravi, le plus grand bidonville d’Asie situé à Mumbai. Face à la baie, à l’horizon, au milieu de la brume de pollution jaillissent des gratte-ciels, témoins de l’ascension de la cité. Le prochain Shangaï? Très probablement…

Chowpatty beach et Marine Drive depuis Malabar Hill

Les touristes restent en général dans Colaba, la pointe sud de la presqu’île, où se trouvent le confort et les attractions nécessaires à un parfait séjour dans cette cité ubuesque. Le quartier de Malabar Hill est l’équivalent de notre 16e arrondissement parisien: immeubles luxueux, grandes demeures et saules pleureurs longent les rues tranquilles, en comparaison avec l’ effervescence des gares ferroviaires. Cependant si vous avez un penchant pour le pathétique et/ou au voyeurisme, vous pouvez aller visiter ce fameux bidonville: la visite est guidée par des enfants, qui ne vont donc pas à l’école!

Dobbi Gâth, endroit où toute la lessive de Mumbai est faite (oui le nom vous rappelle bien Dobby dans Harry Potter, ça vient de là!)

Mais Mumbai est avant tout une baie gigantesque et par là le 10e port mondial. A perte de vue, des chalutiers, des pétroliers, des paquebots, un porte-avion, un croiseur, des régates, des remorqueurs, des bateaux touristiques, des cargos… de quoi ravir le Capitaine Haddock!

La baie de Mumbai

3 ports à Mumbai: QG de la Western Navy Command et base de l'Indian Navy, Mumbai Port Trust et Jawaharlal Nehru Port Trust

Porte-avions de l'Indian Navy

Cargo

Il faut 1 heure environ pour parcourir les 9 kms qui séparent la presqu’ïle de l’île d’Elephanta. La baie mesure donc plus de 11kms entre la pointe de la presqu’île et le continent. A l’approche de l’île, une jungle végétale prend enfin la place de la jungle urbaine et domine modestement les installations portuaires pour le pétrole. Sur cette île, on trouve des singes mais surtout des grottes taillées dans la roche et sculptées à l’effigie de divinités locales.

Elephanta Island

Shiva dans une des grottes de l'ïle Elephanta

Les grottes ont été taillées dans la roche par des moines

L’auto-rickshaw, ou comment se croire dans GTA-ViceDelhi

Les cheveux aux vents, les voitures qui vous frôlent, mieux encore que les fameuses motos Enfield et leur doux vrombissement, la sensation de frôler le bitume… les villes (et campagnes indiennes) ne manquent pas d’attraits…A condition de pouvoir y circuler… Et en auto-ricksaw de préférence…

Rickshaws en file indienne

L’auto-rickshaw est un petit véhicule motorisé fabriqué par Bajaj pour 2 à 4 personnes, souvent peint en jaune et vert. En espagnol on parle de « moto-taxi » et on en trouve au Pérou, mais rien à voir avec la nuée qu’ils sont en Inde. Une course coûte environ 10 roupies au kilomètre (soit 16 centimes d’euros), mais les prix varient selon les villes et les chauffeurs.Un compteur existe et est allumé, mais 90% des courses se négocient avant de monter; dommage pour nos visages pâles. Cependant, Alexandre a acquis un véritable talent dans la négociation du prix à coup de « Come on Bhaya, Sarvaprya Vihar, ITT Gate ke pass, only twenty ruppies » et « What? No, no, no, thirty [teurti]’s good price ».

Le compteur, un élément décoratif au même titre que des images de Shiva et Ganesh

Dans les petites villes – c’est-à-dire celles qui ne comptent pas plus de 2 millions d’habitants – il y a plus souvent des cyclo-rickshaws, qui sont tirés par un homme sur sa bicyclette. Et enfin à Kolkata (Calcutta)  il y a encore quelques milliers de pousse-pousse « pédestres » mais la municipalité ne délivre plus de licences (même si le nombre de rickshaw-wallah travaillant au noir est encore extrêmement élevé). Dans Old Delhi, la population et la circulation sont si denses que marcher nous fait aller plus vite! Cela n’en demeure pas moins le meilleur moyen de ne pas s’enfoncer dans la boue pendant la mousson. Et il faut avouer que l’enchevêtrement des ruelles est tel que l’on ne peut pas se passer de ces conducteurs qui connaissent chaque ruelle de leur quartier (et uniquement de leur quartier, le reste de leur connaissance en géographie delhite étant très partielle).

L'équipement de choc pour le rickshaw: lunettes et foulard-voile pour éviter la poussière

A Mumbai (Bombay) les auto-ricksaws ont été interdits dans le centre-ville pour réduire la nuisance sonore et la pollution. Mais aussi pour donner une image plus « chic » à la vitrine de la tant promue, mais peu trouvée, « Shining India« . Ainsi, on ne trouve dans le centre touristique de la capitale économique du pays que des taxis Ambassador jaune et noir.

Les ambassadors dans Mumbai

Mais derrière l’aspect authentique, la vie des rickshaws-wallahs n’est pas toute rose.

Souvent originaires de l’Uttar Pradesh ou du Bihar (des états particulièrement pauvres d’Inde),  ils dorment dans leur véhicule à défaut de trouver un véritable toit. Ils ne sont d’ailleurs que rarement  propriétaires de leur engins fous furieux, mais ne sont pas employés non plus. Ils paient leur licence quotidienne à celui que nous appellons « chef-rickshaw » à défaut de connaître son véritable titre, qui est possède en général une petite dizaine de rickshaws qu’il loue aux chauffeurs. Cette licence s’élève, d’après certains chauffeurs à prêt de 500 roupies par jour (une somme très conséquente, voire supérieure à ce qu’ils peuvent gagner en un jour de travail). Mais les compagnies de rickshaw permettent à leurs chauffeurs d’avoir accès à certaines facilities, comme une paillasse pour dormir ou l’accès à un tuyau d’eau. Pour les autres, ça sera la nuit dans la rue. Parfois, les stands où ils peuvent attendre sont plus « développés » et disposent également d’un dabha (resto de rue) de fortune…

A Jaipur, haut lieu touristique indien, les rickshaw-wallahs parlent tous anglais et souvent le français (enfin quelques mots…). C’est donc pour eux beaucoup plus facile de demander des prix 3 ou 4 fois plus élevés que la normale aux touristes fraîchement débarqués et qui trouvent qu’une course à 1$ n’est pas trop cher payée (vrai), même si elle n’en vaut que le tiers en Inde. Une fois, l’un d’entre eux m’a même présenté une carte orange à son nom, prouvant un de ses multiples passages à Paris. Devant mon air surpris (et ce n’est pas peu dire, un simple voyage touristique en Inde, en train, étant probablement, pour un rickshaw-wallah une chose extrêmement rare, alors un voyage en Europe…) il m’a expliqué qu’étant membre d’un coeur de musique traditionnelle rajathanaise il venait 6 mois par an à Paris, et que conduire un rickshaw était pour lui un « part-time job très fun »…

Un cyclo-rickshaw

Les cyclos-rickshaw (et bien sûr les « puller » de pousse-pousse de Kolkata) sont placés en bas de l’échelle du rickshaw-wallah. Qu’est-ce qui pousse un homme à devenir chauffeur de rickshaw ? L’accroissement de la population, la perte de terres due à la montée des eaux (pour le Bangladesh), le manque de débouchés dans le monde rural, l’illettrisme, tout ceci conduit vers cette profession de rickshaw-walllah et surtout « à la ville ».