L’auto-rickshaw, ou comment se croire dans GTA-ViceDelhi

Les cheveux aux vents, les voitures qui vous frôlent, mieux encore que les fameuses motos Enfield et leur doux vrombissement, la sensation de frôler le bitume… les villes (et campagnes indiennes) ne manquent pas d’attraits…A condition de pouvoir y circuler… Et en auto-ricksaw de préférence…

Rickshaws en file indienne

L’auto-rickshaw est un petit véhicule motorisé fabriqué par Bajaj pour 2 à 4 personnes, souvent peint en jaune et vert. En espagnol on parle de « moto-taxi » et on en trouve au Pérou, mais rien à voir avec la nuée qu’ils sont en Inde. Une course coûte environ 10 roupies au kilomètre (soit 16 centimes d’euros), mais les prix varient selon les villes et les chauffeurs.Un compteur existe et est allumé, mais 90% des courses se négocient avant de monter; dommage pour nos visages pâles. Cependant, Alexandre a acquis un véritable talent dans la négociation du prix à coup de « Come on Bhaya, Sarvaprya Vihar, ITT Gate ke pass, only twenty ruppies » et « What? No, no, no, thirty [teurti]’s good price ».

Le compteur, un élément décoratif au même titre que des images de Shiva et Ganesh

Dans les petites villes – c’est-à-dire celles qui ne comptent pas plus de 2 millions d’habitants – il y a plus souvent des cyclo-rickshaws, qui sont tirés par un homme sur sa bicyclette. Et enfin à Kolkata (Calcutta)  il y a encore quelques milliers de pousse-pousse « pédestres » mais la municipalité ne délivre plus de licences (même si le nombre de rickshaw-wallah travaillant au noir est encore extrêmement élevé). Dans Old Delhi, la population et la circulation sont si denses que marcher nous fait aller plus vite! Cela n’en demeure pas moins le meilleur moyen de ne pas s’enfoncer dans la boue pendant la mousson. Et il faut avouer que l’enchevêtrement des ruelles est tel que l’on ne peut pas se passer de ces conducteurs qui connaissent chaque ruelle de leur quartier (et uniquement de leur quartier, le reste de leur connaissance en géographie delhite étant très partielle).

L'équipement de choc pour le rickshaw: lunettes et foulard-voile pour éviter la poussière

A Mumbai (Bombay) les auto-ricksaws ont été interdits dans le centre-ville pour réduire la nuisance sonore et la pollution. Mais aussi pour donner une image plus « chic » à la vitrine de la tant promue, mais peu trouvée, « Shining India« . Ainsi, on ne trouve dans le centre touristique de la capitale économique du pays que des taxis Ambassador jaune et noir.

Les ambassadors dans Mumbai

Mais derrière l’aspect authentique, la vie des rickshaws-wallahs n’est pas toute rose.

Souvent originaires de l’Uttar Pradesh ou du Bihar (des états particulièrement pauvres d’Inde),  ils dorment dans leur véhicule à défaut de trouver un véritable toit. Ils ne sont d’ailleurs que rarement  propriétaires de leur engins fous furieux, mais ne sont pas employés non plus. Ils paient leur licence quotidienne à celui que nous appellons « chef-rickshaw » à défaut de connaître son véritable titre, qui est possède en général une petite dizaine de rickshaws qu’il loue aux chauffeurs. Cette licence s’élève, d’après certains chauffeurs à prêt de 500 roupies par jour (une somme très conséquente, voire supérieure à ce qu’ils peuvent gagner en un jour de travail). Mais les compagnies de rickshaw permettent à leurs chauffeurs d’avoir accès à certaines facilities, comme une paillasse pour dormir ou l’accès à un tuyau d’eau. Pour les autres, ça sera la nuit dans la rue. Parfois, les stands où ils peuvent attendre sont plus « développés » et disposent également d’un dabha (resto de rue) de fortune…

A Jaipur, haut lieu touristique indien, les rickshaw-wallahs parlent tous anglais et souvent le français (enfin quelques mots…). C’est donc pour eux beaucoup plus facile de demander des prix 3 ou 4 fois plus élevés que la normale aux touristes fraîchement débarqués et qui trouvent qu’une course à 1$ n’est pas trop cher payée (vrai), même si elle n’en vaut que le tiers en Inde. Une fois, l’un d’entre eux m’a même présenté une carte orange à son nom, prouvant un de ses multiples passages à Paris. Devant mon air surpris (et ce n’est pas peu dire, un simple voyage touristique en Inde, en train, étant probablement, pour un rickshaw-wallah une chose extrêmement rare, alors un voyage en Europe…) il m’a expliqué qu’étant membre d’un coeur de musique traditionnelle rajathanaise il venait 6 mois par an à Paris, et que conduire un rickshaw était pour lui un « part-time job très fun »…

Un cyclo-rickshaw

Les cyclos-rickshaw (et bien sûr les « puller » de pousse-pousse de Kolkata) sont placés en bas de l’échelle du rickshaw-wallah. Qu’est-ce qui pousse un homme à devenir chauffeur de rickshaw ? L’accroissement de la population, la perte de terres due à la montée des eaux (pour le Bangladesh), le manque de débouchés dans le monde rural, l’illettrisme, tout ceci conduit vers cette profession de rickshaw-walllah et surtout « à la ville ».

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Lima se delhite

Cette année, vos deux Frenchies fêteront Noël à la mode japonaise au milieu de la côte ouest indienne. Itinéraire d’un voyage sac aux dos aussi long que magnifique, au départ de Delhi et direction la pointe Sud de l’Inde.

Étape 1: départ de Lima et arrivée à Delhi

  • 8-9 déc.: départ de Lima à 1h20[1], arrivée à 16h45 le lendemain à New Delhi après 26 heures de voyage.
  • 9-12 déc.: visite de Delhi (Delhi)

Étape 2: le Rajasthan et le Gujarat

Cliquez pour agrandir

  • 13-14 déc.: visite de Jaipur (Rajasthan)
  • 15-16 déc.: visite d’Udaipur (Rajasthan)
  • 17 déc.: visite d’Ahmedabad (Gujarat)

Étape 3: Bombay et Goa

  • 18-23 déc.: Bombay (Maharastra)
  • 24-25 déc.: Goa

Étape 4: le Kerala

  • 26 déc.: Ernakulam – Kochi
  • 27 déc.: Allepey, Kollan, Trivandrum
  • 28-29 déc.: Trivandrum, Kovalam
  • 30 déc.: train de Trivandrum à Goa

Étape 5: Bombay

  • 31 déc.-4 jan.: Bombay
  • 5 jan.: retour à Delhi

[1] Toutes les heures sont en heure locale. Rappel : Lima = Paris – 6h ; Delhi = Paris + 4h30

Alex : La première semaine à Delhi

Première semaine à Delhi

Parce qu’il faut bien se lancer voilà mon premier article pour ce blog. Il ne va pas être très intelligent mais c’est le premier, soyez patients, les autres seront bien mieux ☺ Le plus difficile ici va être de retranscrire en mots et en images mes premiers instants dans cette ville dingue qu’est New Delhi. 

La première chose à laquelle je pense en écrivant ces quelques lignes concerne le fameux « dépaysement » ou « choc culturel » dont tout le monde vous parle avant le grand départ. Ce dépaysement existe, mais jamais de la façon dont on s’y attend. On a beau être préparé à la misère, à la pauvreté, « au bruit et à l’odeur » pour paraphraser un certain politicien, jamais l’arrivé à Delhi ne peut laisser de marbre. 

De même toute personne qui vous dit qu’elle était prête à affronter la misère, si elle n’est pas partie « du nord » depuis longtemps, et que finalement « ce n’était pas si terrible que ça » vous ment ou se ment à elle-même. Rien ne peut préparer un citoyen de pays développé (dans son confort relatif, car on l’oublie mais la misère existe encore dans tous les pays du globe) à la vue de certaines réalités existantes. Qui plus est à Delhi, où nulle part il n’y a d’espace aseptisé tels qu’on peut les connaître dans certaines avenues de Pékin ou de Shanghai. Ici les immenses fortunes côtoient les plus pauvres. Opulence et dysenterie se côtoient, s’observent (dans une certaine mesure) mais ne font pas bon ménage. Et personne ne peut rester insensible à l’extrême dénuement que l’on observe à l’orée d’un slum (bidonville cf. Slumdog Millionaire, le chien du bidonville millionnaire), à un rond-point, où une jeune fillette enchaîne les roues au milieu des voitures dans l’espoir de recueillir une petite roupie. 

Mes impressions des premiers jours (telles que notées sur mon carnet):

Lundi : arrivée à Delhi. Pas dormi dans l’avion (ou peu, 1h30 tout au plus). Chaleur et humidité, on a beau être prévenu, ça calme. Un homme vient me chercher, il joue à la F1 dans Delhi, contresens et klaxon. Mais très gentil. Hôtel : Pahar Ganj. Chambre : Apocalypse Now, première scène, sans les fenêtres. Quartier : le main bazar. Impossible de se projeter. Midi-14h: on retrouve des premières connaissances pour un petit repas. La chaleur coupe la faim. Impossible de ne pas être perdu, de comprendre cette grande ville. Quelques réflexes reviennent « Hello my friend, do you need some help ? » « No thanks, my Indian friends are waiting for me ». Un homme a cherché à me nettoyer l’oreille aussi. Ensuite Ambassade : quartier des ambassades, la luminosité est moins forte. Nouveau RDV avec une connaissance. Retour Connaugh Place. Achat d’un portable.

Quelques pensées diverses (qui seront approfondies dans un autre article) 

Connaught Place : première vue de Delhi. Impossible de la photographier pour transcrire cette place. Définitivement il faut la vivre. L’organisation de la ville : démente.Pas de continuité hormis peut être ce que j’ai entrevu dans certains quartiers de Old Delhi. Sinon des îlots d’habitations séparés par des 4 voies, qui n’en sont pas vraiment. 

Les repères : Peu. Un deuxième voyage à la fac m’a permis de dépasser les deux premiers bureaux et j’ai même obtenu un papier de l’administration qui m’est utile, mais non standardisé (en d’autres termes, un papier que l’on ne reçoit pas normalement). Impossible également de se projeter pour l’instant. 

Le logement : indécision. Sur la fac ou non ? En tout cas pas seul, pas maintenant, pas ici.

Voilà en quelques mots, mes premières impressions. J’ai plein d’autres choses à raconter, mais tout ne tient pas sur ces quelques lignes. Le temps de remettre mes idées en ordre dans mon cerveau et ça repart.