Étoiles kéralaises

Le Kerala est une étoile.

Le Kerala est l’étoile rouge, assortie de la faucille et du marteau communistes, puisque l’état indien à l’IDH le plus élevé est dirigé par le Parti Communiste d’Inde (CPI) depuis des années. Partout nous trouvons des drapeaux rouges: gare routière, marchés, temples, maisons…

Le Kerala est aussi l’étoile que l’on accroche au sommet du sapin de Noël chez les chrétiens et l’étoile de David des juifs. En effet, la tolérance religieuse démarque le Kerala du reste de l’Inde où le nationalisme hindou et les violences faites aux minorités musulmanes sont quotidiennes. Dans la plupart des villes touristiques nous ne visitons non plus seulement des temples et des mosquées mais nous croisons aussi des églises (comme à Goa) et des synagogues. On se demande presque si l’on est toujours en Inde, mais heureusement le kitsch des décos nous rappelle que nous n’avons pas changé de pays. Ce sont les vestiges des colonisations passées. Et nous traversons le Kerala entre Noël et l’Epiphanie. Alors toutes les maisons sont décorées avec des guirlandes lumineuses [1], des étoiles en papier qui servent aussi de lampions…

Le Kerala regorge d’étoiles d’anis. Entre la noix de coco et l’ananas, ou dans les plats épicés se glisse cette nouvelle saveur, que l’on ne trouve que rarement dans le Nord de l’Inde. Les étals des marchés et nos assiettes s’étoilent eux aussi.

Enfin, tout comme à Goa, le ciel lui même nous en met plein les yeux. Lever la tête un soir, chercher la Lune et découvrir les millions d’étoiles qui illuminent la mer d’Oman et les backwaters. Un paysage rare quand on vit à Delhi ou à Lima, villes polluées s’il en est.


[1] Imaginer cela par 30° à l’ombre.

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