Au programme cette semaine

Ces temps-ci peu de moments libres pour écrire de nouveaux articles sur le blog. Mais cette semaine au programme:

– La vieille montagne des Incas vous livrera ses secrets et de beaux clichés,

– Découvrez l’histoire de Calcutta entre grandeur et décadence,

– Les cimes népalaises nous feront rêver des plus hauts sommets du monde,

– Notre aventure bollywoodienne vous sera contée

Et bientôt, les photos d’excursions extra frontalières au Bangladesh, en Bolivie et au Chili!

Soyez prêts.

Publicités

Le Machu Picchu: la vieille montagne des Incas

Perdu à l’est de la Cordillère des Andes à 2 348 mètres d’altitude, à l’orée de la forêt amazonienne et donc envahies par sa végétation luxuriante, on trouve 172 constructions incas à cheval entre deux montagnes, le Huayna Pichu et le Machu Picchu (respectivement jeune et vieille montagnes en quechua). Malgré cet isolement, le Machu Picchu est le site (archéologique et touristique) le plus visité au Pérou – souvent au détriment d’autres sites péruviens époustouflants. Alors deux questions se posent:

Le Machu Picchu vaut-il le coût? Vaut-il le coup?

Porte caractéristique du style Impérial Inca

Sur les pas des Incas

Vue d'ensemble sur la citadelle

Contrairement au Taj Mahal par exemple, le site du Machu Picchu est une découverte relativement récente. C’est l’archéologue Hirham Bigham, de l’Université de Yale, qui le découvrit en 1911, un peu par hasard. En faisant des recherches sur la ville perdue de Vilcabamba, il discute avec un jeune garçon, dont la famille vit sur le site et qui le conduit au sommet de la falaise que forme la montagne avec le fleuve Urubamba en contrebas. La découverte par l’Américain, qui exportera tous les objets découverts sur le site vers le musée de l’Université de Yale, est extraordinaire d’un point de vue archéologique car c’est le plus grand complexe inca dans un aussi bon état de conservation (la plupart a été détruit par les Conquistadores au 16e siècle).

Le « pillage » des objets trouvés sur le site par le professeur de Yale fait actuellement l’objet d’une requête de la part du Pérou pour récupérer ces vestiges.

Le Machu Picchu vaut-il le coût? Non!

S’il existe des itinéraires plus longs et moins onéreux, l’itinéraire commun est de partir de Cuzco pour Ollantaytambo, puis de prendre le premier train entre Ollantaytambo et Aguas Calientes, ou « Machupichu town » en anglais (!). Pour faire cela vous avez déjà dépensé une bonne trentaine de dollars américains (au minimum 62$ l’A/R) sur la ligne de chemin de fer la plus chère du monde au kilomètre (pour les réclamations s’adresser à la britannique Compagnie de l’Orient Express). C’est à Aguas Calientes que l’on achète son billet d’accès au site du Machu Pichu (les prix varient selon qu’on soit Péruvien ou étranger – dommage! – enfant, étudiant ou adulte, donc un touriste étranger paie S./124, soit 31€). Puis il faut payer le bus pour monter de la petite fourmilière touristique jusqu’au pied de la cité perdue des Incas: 14$ l’A/R (7$ pour enfants et étudiants). Vous avez donc déjà dépensé 62 + 45 + 14 = 121$ et vous n’avez pas encore vu le site… On se dit qu’il a intérêt à être beau à ce prix-là. Heureusement, c’est le cas!

A l'aube, le train file à travers les montagnes à la végétation tropicale

Le Machu Picchu vaut-il le coup? Sans aucun doute!

La vue est à couper le souffle. Littéralement. La citadelle se dresse sur la crête de la montagne verdoyante. Autour une végétation luxuriante et des montagnes, à pic, à vif. Le vent souffle doucement comme pour mieux jouer avec les nuages qui s’accrochent sur les sommets rocheux et escarpés environnant. Peu avant que l’on termine la visite en fin de matinée, le soleil irradie la cité en ruines. Les pierres se réchauffent, les lamas se réveillent et les visiteurs redescendent, laissant provisoirement en paix ce sanctuaire inca exceptionnel.

Le Taj Mahal

Le Taj Mahal, c’est toute une légende. La légende d’un Maharadja tellement amoureux de sa femme (il en fallait bien un) qu’il lui fit construire un mausolée après sa mort, survenue bien tôt. Le Taj Mahal incarne l’idéal des contes et légendes indiennes telles qu’on les imagine en Europe. Pour son romantisme, sa figuration parmi les 7 nouvelles Merveilles du Monde ou du moins au Patrimoine Mondial de l’UNESCO, c’est le site touristique le plus visité en Inde. De nombreux touristes Indiens côtoient les Américains et Européens.

Vue d'ensemble du Taj Mahal

Vue latérale du mausolée

De chaque côté du mausolée on trouve une mosquée

En effet, ce mausolée est impressionnant… En particulier pour la finesse des sculptures dans le marbre brut:

Inscriptions en arabe

Mais son petit frère, le Baby Taj, vaut aussi le détour, bien qu’il soit délaissé par les touristes:

Baby Taj

Tourelle du Baby Taj

Le Taj Mahal c’est aussi cet hôtel de luxe de Mumbai qui a été la cible des attentats sanglants du 26 Novembre 2008. Un an plus tard, les 3 restaurants du rez-de-chaussée viennent à peine de rouvrir et les travaux de réfection ne sont pas terminés. Pour la petite histoire, c’est encore le magnat indien, Tata, qui l’a fait construire en 1903 après s’être vu refusé l’entrée dans un autre hôtel de luxe de Bombay (à l’époque) en raison de sa couleur de peau…

Le Taj Mahal et sa tour face à la Gateway of India

Tournage devant le Taj Mahal Hotel

Enfin « Taj Mahal » est aussi le nom de quelques milliers d’hôtels et autres guesthouses à travers l’Inde. Le luxe n’y est pas toujours au rendez-vous comme chez leur homologue homonyme.

Infos pratiques

Taj Mahal – Agra: 10 Rs. pour les Indiens, 750 Rs. pour les étrangers (soit environ 11€). C’est le prix d’accès à un site touristique indien le plus élevé pour les touristes, mais pour comparaison, l’accès à la Tour Eiffel coûtait 9€ en 2008 et pour le Machu Pichu il fallait payer 31€ (pour l’accès simple au site).

Baby Taj – Agra: accès gratuit

Taj Mahal Palace & Tower – Mumbai: hors budget étudiant (MAIS accès gratuit aux toilettes de luxe et à la librairie source-de-cadeau-de-Noël-de-dernière-minute)

Bollywood Stars (1)

Basée à Mumbai, Bollywood est la plus grosse industrie du cinéma du monde avec une production annuelle moyenne de 250 films. Par extension, le terme Bollywood – combiné de Bombay et Hollywood – est devenu le nom d’un genre cinématographique, celui des films masala [mélange], l’archétype des films indiens.

Sauce Masala

La plupart du temps tournés en hindi, les films de Bollywood durent trois heures et mêlent plusieurs genres en un seul film: une histoire d’amour mélodramatique mais prude, des scènes d’action, de violence, de vengeance, de sport, de fêtes (mariage par exemple), de comédie, etc. Souvent l’intrigue tourne autour d’un mariage arrangé incarnant la tradition et qui va devenir un mariage sentimental avec un outsider pauvre ou étranger rendu possible par un membre de la famille complaisant face à des parents rigoristes. Ce sont en général des quiproquos qui font avancer l’intrigue. Et bien évidemment on chante et on danse énormément! Depuis quelques années, Bollywood s’est rapproché des studios américains et l’on trouve une empreinte plus Hollywood et la technique des effets spéciaux s’améliore rapidement. Nous sommes par exemple allés voir 3 idiots (en Hindi donc) qui est la dernière superproduction sortie en décembre, et dont la qualité des images fait presque pâlir Avatar.

Shining India?

On retrouve globalement l’image de la Shining India, montrant un pays qui avance à grands pas vers la modernité, et qui laisse donc de côté la misère qui y règne toujours en monarque absolu. Cependant, il y a une tendance à l’engagement de la part des réalisateurs mais aussi des acteurs, et on découvre des films engagés qui contrarient cette vision de Shining India. Dernier exemple en date, la super star Shah Rukh Khan qui tient tête au  Shiv Sena (parti d’extrême droite qui gouverne le Maharastra). Dans son article, Courrier International détaille l’affaire:

[Shah Rukh Khan] a regretté qu’aucun joueur pakistanais n’ait été engagé [dans la Ligue de cricket indienne (IPL, Indian Premier League)]. Aussitôt, le Shiv Sena a saisi l’occasion de discréditer le patriotisme de l’acteur en déclarant qu’il pouvait “aller au Pakistan s’il voulait parler en faveur des joueurs pakistanais”. Mais Khan a tenu bon, refusant de s’excuser malgré les pressions de l’organisation d’extrême droite.

Khan you be a star?

Bollywood est un milieu très fermé dont l’accès est restreint aux castes les plus hautes. Ainsi, la plupart des acteurs portent le même nom de famille: Khan! L’acteur ultra célèbre Salman Khan est ainsi fils de scénariste et ses deux frères sont également acteurs. Mais l’acteur qui a le plus la côte actuellement est Aamir Khan (à l’affiche de 3 idiots) qui fait même la une du India Today (édition indienne du Time Magazine) dans lequel on le surnomme « Mr Blockbuster ».

Semaine Sainte au Pérou

Le Pérou demeure un fervent pays catholique. La Semana Santa est donc une fête importante et nous avons même le droit à deux jours fériés (jeudi et vendredi saints). Avec les Fiestas Patrias (28-29 juillet) pour commémorer l’indépendance du pays, et le jour de Nöel, ce sont les deux seuls jours fériés au Pérou!

La Semaine Sainte est la dernière semaine du Carême. Elle commence avec la célébration du dimanche des Rameaux et se termine le samedi saint par la messe de la Résurrection. C’est donc l’occasion de nombreuses processions dans les villes péruviennes, et notamment à Ayacucho où se déroule la plus belle fête religieuse du pays. Les Péruviens affluent mais il y a peu de touristes étrangers pour assister aux processions, messes et autres rites religieux pittoresques.

Une croix habillée - Cuzco

Retable typique d'Ayacucho (photo: Isabel)

Les jeunes surnomment la Semana Santa « Semana Tranca«  [Semaine de Cuites] car c’est plus souvent l’occasion de faire la fête en famille ou entre amis! C’est cette semaine là qu’Emi (ma colloc) et moi avons fêté pendant qu’Isabel (notre logeuse/colloc) vivait la semaine religieuse à Ayacucho…

J’ai tout de même tenté d’importer la tradition des Oeufs de Pâques au Pérou. En effet, c’est une tradition européenne et on ne trouve des oeufs dans les supermarchés péruviens que depuis 2 ou 3 ans… où les Péruviens les achètent comme une vulgaire tablette de chocolat pour la manger immédiatement! J’ai donc expliqué qu’en Europe on cachait les oeufs le dimanche et qu’on partait à la chasse au trésor en famille, pour ensuite déguster du bon chocolat. Malheureusement, le chocolat ici est tout simplement immangeable, alors nous avons fait cela de manière symbolique!

Pique-nique de Pâques - Campo de Marte

Bonjour India, Namaste France… quels festivals!

De décembre 2009 à février 2010, la France était à l’honneur en Inde. Dans le cadre du festival « Bonjour India », plusieurs événements culturels avaient lieu en Inde. Nous avons ainsi pu voir l’exposition des photos de Yann Arthus-Bertrand « La Terre vue du ciel » sur Marine Drive à Mumbai, fin décembre 2009, puis à New Delhi, l’opéra « Si j’étais roi » chanté en français et auquel participaient nos amis Florence et Bruno.

En réponse au succès rencontré par « Bonjour India », s’ouvre cette semaine le festival « Namaste France ».

Et l’ouverture se fait avec l’exposition « Autres maîtres de l’Inde » au Musée du Quai Branly à Paris du 30 mars au 18 juillet 2010. Quelques images sur le site du Monde. Si vous êtes intéressés, vous trouverez plus d’infos en cliquant sur le site du musée!

Aventure Népalienne (1). Heureux comme Lachenal

Il y a quelques semaines je suis allé au pal. Ah! Le Népal, les montagnes, Kathmandou, la capitale d’été de l’internationale hippie à ses plus grandes heures. Un pays de 30 millions d’habitants, coincé entre Inde et Chine, à l’histoire mouvementée. Un des pays les plus pauvres du monde même si au contraire du géant indien il est auto-suffisant au niveau alimentaire le problème réside dans l’acheminement des denrées alimentaires.

Avant que les freaks du monde entier ne se donnent rendez vous à Kathmandou, très peu d’occidentaux arrivaient à pénétrer au Népal, alors royauté hindoue coupée du monde. Parmi les quelques privilégiés, on comptait principalement des alpinistes/aventuriers qui venaient se confronter à ces géants que sont les monts himalayens.

Il a y a 60 ans, après que plus de vingt expéditions aient essayé sans succès de conquérir un des 14 sommets de plus de 8 000m, une expédition française réussit l’exploit de gravir l’Anapurna, au beau milieu du Népal central, jusque-là inconnu.

Pour bien comprendre le tour de force de cette expédition, malgré évidemment le patriotisme exacerbé, la vision au mieux « orientaliste » au pire  « coloniale » des sociétés observées de l’époque, il faut par exemple rappeler qu’il n’existait aucune carte du Népal à l’époque, encore moins de la région de l’Anapurna. L’expédition a dû cartographier la longue approche du massif, le long du plateau népalais (200km depuis Kathmandou, à travers des vallées perdues), puis une fois le massif localisé, trouver les voies d’accès, les camps de bases ou encore les sommets secondaires d’entraînement…

Les deux alpinistes français, sur la même cordée, qui ont réussi à gravir les premiers les 8091m de l’Anapurna 1 sont restés dans l’Histoire : Herzog et Lachenal. Au premier, patriote d’en un contexte d’après-guerre en France, les fruits du succès et la célébrité (il sera ministre sous De Gaulle). Au second, la persévérance et l’humilité. Au premier les honneurs politiques, au second un relatif anonymat, même si c’est lui, le besogneux, qui à mon sens a le mieux représenté l’esprit de la montagne : humilité et travail d’équipe.

 

Anapurna South (à gauche) et Machupachure (le plus à droite)